lundi 26 août 2013

Procès-Verbal de délimitation de la commune de Palol : introduction


Les communes limitrophes de Palol

Après le procès-verbal du 1er juillet 1823 déjà utilisé pour situer la commune de Palol (voir ici), je vais maintenant m'attaquer à la délimitation exacte des frontières de la commune. Celles-ci sont définies dans un autre procès-verbal, daté du 23 mai 1819 et effectué par le même géomètre, Bernard Charbatié, accompagné du Contrôleur des contributions directes.

Histoire de Palol

Le relevé est effectué en présence du maire de Palol en 1819, Joseph Oliver, de son adjoint Joseph Guisset, ainsi que de leurs indicateurs. Se joignent au groupe pour chaque section le maire, adjoint et indicateurs des communes successivement concernées par les limites examinées. Cependant, la signature du procès-verbal par toutes les parties n'est datée que du 29 octobre 1822. On y trouve la signature d'Oliver, maire de Palol, de Pierre Berlan, maire de Céret jusqu'en 1821 seulement, du Géomètre et du maire de Maureillas, dont le nom est illisible. En bas, se trouve la signature du Marquis de Foresta, préfet du département depuis août 1822. On en déduit donc qu'ils n'ont pas tous signé en même temps et que la date correspond sans doute à la signature par le préfet. Enfin, on remarque l'absence de la signature du maire de la commune de La Selva, qui pourtant existe encore jusqu'en 1823. Mais justement, on sait qu'une des raisons invoquées par le préfet pour faire absorber La Selva par Las Illas est la non gestion des affaires courantes par l'équipe municipale (La Selva compte 45 habitants en 1820).

Histoire de Palol
Les signatures

Le procès-verbal comprend un texte d'introduction et 3 articles :
* Article premier : Limites avec la commune de Maureillas.
* Article second : Limites avec la commune de La Selva.
* Article troisième : Limites avec la commune de Céret.

Les limites avec Maureillas et La Selva correspondent aux limites actuelles de Céret avec Maureillas, cette dernière commune ayant depuis absorbé Las Illas, qui avait elle-même absorbé La Selva. Je laisserai donc de côté les deux premiers articles pour l'instant, mais j'y reviendrai plus tard en raison de leur intérêt toponymique évident.

Commençons pour aujourd'hui par la retranscription du texte d'introduction, qui est en fait un texte pré-rédigé où le géomètre complète les blancs à remplir. La formulation en est néanmoins intéressante. Une précision : Palol est orthographié Paloll dans l'ensemble de ce document.

Procès-verbal
de délimitation du territoire de la commune
de Paloll

L'an mil huit cent dix neuf et le vingt-troisième jour du moi de mai nous, Géomètre de première classe, nommé par le Préfet du département des Pyrénées-Orientales, pour procéder, conformément aux instructions du Ministre des finances, à la reconnaissance des lignes de circonscription des communes du canton de Céret nous sommes transportés, accompagné du Contrôleur des contributions directes, au chef-lieu de la commune de Paloll en la mairie, où nous avons trouvé Mr. Joseph Oliver Maire de ladite commune, Mr. Joseph Guisset Adjoint, et Indicateurs nommés par lui, ainsi que les Maires, Adjoints et Indicateurs des communes ci-après désignées, convoqués et rassemblés pour constater contradictoirement la démarcation du territoire de Paloll.

Arrivés sur le terrain nous avons choisi, pour point de départ, celui du périmètre de la commune de Maureillas qui, se trouvant le plus au nord, sert de séparation aux deux communes de Paloll et de Maureillas et nous avons parcouru la ligne de circonscription en allant du nord à l'est, puis au sud et à l'ouest, ayant toujours à notre droite le territoire de Paloll et à notre gauche successivement ceux de Maureillas, La Selva et Céret.


Source : Archives municipales de Céret [domaine public]
Photos : Fabricio Cardenas [cc-by-sa]



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samedi 17 août 2013

1928 : Incendie à Palol


Le sud-est de Céret menacé par des incendies

En attendant l'achèvement du déchiffrage de quelques vieux papiers qu'il me reste à terminer, voici une brève mentionnant Palol et sans possibilité d'équivoque avec un possible lieu homonyme.

Journal des débats du Samedi 11 août 1928


Perpignan. 10 août.

Les incendies ont repris hier avec une gravité exceptionnelle sur les Albères. Le premier feu éclata à 16 heures dans les châtaigneraies à proximité de Céret, menaçant les métairies de Palol, Blazy et Binagré, qui durent être évacuées et déménagées. Le tocsin rassembla la population, les pompiers et la gendarmerie, qui luttèrent jusqu’à huit heures du soir.
Ce matin, comme le feu était à peu près circonscrit, un nouveau foyer se déclare au col du Ventoux. Il est combattu activement.

A la même heure, deux forêts flambaient sur le territoire de la commune de Laroque-des-Albères. Le maire fit appel à la troupe pour protéger les métairies et les champs.
Cent cinquante tirailleurs du 24e sont arrivés ce matin de Perpignan en autocar.
Le feu n’est pas encore éteint, mais il a pu être maîtrisé. (-Radio-)



Les zones concernées sont connues aujourd'hui sous les noms de Mas de Palol, Mas d'en Blasi et Mas d'en Vinagre. Ces mas sont situés au sud-est de Céret et faisaient tous jadis partie de la commune de Palol. Le col du Ventoux, quant à lui se trouve à l'ouest et s'écrit désormais Ventous.

Histoire de Palol
Polygones bleus sur la carte : les zones évacuées mentionnées dans l'article.

Source :
Gallica

Carte : IGN (Géoportail)

Ajout du 19/08/13

En consultant  mes sources je trouve les faits suivants, conséquence de cet incendie :
Le 4 juin 1929, le conseil municipal de Céret envoie un courrier au préfet demandant qu'une compagnie  de soldats soit casernée au Fort de Bellegarde en période estivale pour combattre les feux de forêts.
Voici la réponse du préfet datée du 5 juillet 1929 :
Les troupes qui pourraient intervenir sont celles du 24e Régiment de Tirailleurs Sénégalais et du génie. Le service du Génie s'est rendu sur les lieux. Une compagnie de 150 hommes du génie pourrait être casernée (au lieu de 300 hommes) au Fort de Bellegarde si les locaux étaient en bon état, ce qui n'est pas le cas (pas de cuisine, pas d'éclairage...). L'occupation du Fort de Bellegarde occasionnerait de gros travaux.

Source :
Pierre Cantaloube, Céret et les ponts du Tech, 2004

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